Petit Être

Antoine Schmitt
26 Mai 2001

Les rapports de l’humain avec lui-même, avec sa conscience, avec son futur, avec les autres, tout cela plonge dans ce mystère de la conscience et la capacité de l’homme à décider et à voir qu’il décide. L’homme contient son propre devenir.

Par ailleurs, ceci peut aussi être dit d’un logiciel, d’un programme informatique. Ainsi que le disait Douglas Edric Stanley, un programme contient son propre futur.

Cette analogie entre la nature humaine et la nature de l’algorithme constitue ma base de travail. En travaillant les algorithmes, les programmes, j’aborde des problématiques fondamentales de l’humain. Problématiques qui me questionnent sans relâche.

Donc d’une part j’aborde ces problématiques moi-même en fabricant des petits êtres programmés et contenant leurs propre futur, mais aussi, en montrant ces petits êtres aux spectateurs, je mets ces derniers en contact avec ces problématiques. Et c’est ici qu’intervient cette force étrange qu’est la projection. Les spectateurs accèdent aux tourments de ces petits êtres par la force de la projection.

La projection intervient lorsque les êtres sont inaccessibles, coupés de la réalité du spectateur. Lorsque les réalités du petit être et du spectateur se recoupent, par une interaction, même minime, la projection devient interaction, ou intersubjectivité. Cette interaction est une autre force qui met en relation la nature de deux êtres.

Il y a donc une sorte de système triangulaire relationnel. De moi au petit être par le lien de création. Du petit être au spectateur par l’interaction ou la projection. Et du spectateur à moi, par transitivité, et aussi par analogie car nous sommes tous deux humains et que le petit être ne l’est pas. Le petit être est le miroir dans lequel le spectateur me voit et dans lequel par retour du regard je le vois lui. Mais le petit être est de l’autre coté du miroir.