L’ordinateur comme médium artistique

Septembre 2000

 

L’ordinateur a été conçu, dans les années 1940, comme une machine universelle. C’est à dire une machine ayant la capacité de faire fonctionner n’importe quel processus, à partir du moment où celui-ci est préalablement entièrement décrit. Cette capacité en fait un médium différant radicalement de ses prédécesseurs tels que la peinture, la photo, le cinéma ou la vidéo. En effet, sur un ordinateur, une oeuvre peut continuer à changer pendant qu’on la regarde, et même parce qu’on la regarde. C’est à dire qu’elle a une capacité de fonctionnement autonome.

Par ailleurs, l’ordinateur diffère fondamentalement d’autre systèmes autonomes tels que les installations mécaniques de Tinguely par exemple, par le fait que l’oeuvre sur ordinateur contient sa propre abstraction, et de ce fait est capable de se transformer elle-même par action sur sa propre description. L’oeuvre sur ordinateur n’existe pas seulement comme forme active, mais aussi comme langage de l’action, et en traitant le langage de l’action comme forme elle-même, l’ordinateur le rends lui-même actif et autonome. Comme dirait Douglas Edric Stanley, “le programme contient son propre devenir”.

En se plaçant dans le champ de la programmation sur ordinateur, on se retrouve donc dans une double problématique de création: celle de l’objet comportemental plongé dans le temps, et celle de l’objet contenant sa propre représentation.

Je considère que la programmation (les algorithmes) constituent la principale spécificité conceptuelle de l’ordinateur comme médium de création artistique, par opposition à son usage comme moyen de communication (Internet, qui n’offre rien de conceptuellement neuf par rapport à la télévision ou au téléphone) ou encore comme simple outil de fabrication d’images ou de sons.

A ma connaissance, cette spécificité de l’ordinateur n’a été que très peu explorée dans le domaine artistique. En m’intéressant à ces systèmes si particuliers que sont les objets autonomes, je me place bien sûr à l’intérieur de ce champ d’expérimentation, tout en ayant conscience d’en laisser de nombreuses facettes de coté.

Le site du G R A T I N liste des liens d’intérêt dans le domaine.